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Pourquoi la majorité des projets Salesforce ratent leur phase de recette

Pierre FrinJuin 20267 min de lecture
Dev Recette ⚠ Trop courte Production Bug en prod SALESFORCE · RECETTE · QUALITE

J’ai accompagné des dizaines de projets Salesforce. Et j’ai observé le même pattern se répéter à chaque fois que la mise en production vire à la catastrophe : la phase de recette a été mal conçue, broclée, ou les deux.

Ce n’est pas un problème technique. C’est un problème d’organisation et d’anticipation. Et il se fabrique toujours bien avant que la recette commence.

Les 5 erreurs qui font rater la recette Salesforce

1. La recette est planifiée trop tard et trop courte

Le schéma classique : le projet prend du retard en développement, le planning global ne bouge pas, et la phase de recette est comprimée pour tenir la date de go-live. On passe de 3 semaines prévues à 5 jours réels.

Résultat : les testeurs n’ont pas le temps de couvrir tous les scénarios. Les anomalies non critiques sont mise “en backlog”, et se retrouvent en production. La dette qualité s’accumule dès le premier jour.

La recette ne se comprime pas. Si le développement prend du retard, c’est le go-live qui doit étre reporté, pas la recette qui doit être écrasée.

2. Les mauvaises personnes font les tests

C’est l’erreur la plus fréquente. La recette est confiée aux développeurs, à l’équipe IT, ou à un chef de projet qui connaît le système mieux que n’importe quel utilisateur. Ces profils testent ce qu’ils ont conçu, avec des données propres, des scénarios prévisibles.

Ce qu’il faut à la place : les utilisateurs finaux. Les commerciaux qui vont saisir des opportunités à la suite d’un appel téléphonique. Le service client qui va gérer un ticket complexe avec des données réelles. Ce sont eux qui trouvent les vrais problèmes.

3. Il n’y a pas de critères d’acceptation définis

Une anomalie est-elle bloquante ou non ? Cette question, posée pendant la recette sans réponse pré-établie, génère des conflits interminables entre l’équipe projet et le client. Chacun a sa définition de “acceptable”.

La solution : définir les critères d’acceptation avant de commencer le développement, pas pendant la recette. Qu’est-ce qui est bloquant pour le go-live ? Qu’est-ce qui peut attendre le premier patch ? Ce cadrage doit exister par écrit.

4. Les données de test ne ressemblent pas à la production

La recette se passe avec 10 comptes propres, des champs bien renseignés, des scénarios linéaires. La production, c’est 50 000 comptes avec des données manquantes, des caractères spéciaux dans les noms, des cas limites que personne n’avait anticipés.

Tester avec des données qui ne ressemblent pas à la réalité, c’est se donner bonne conscience sans réduire le risque réel.

Ideal : utiliser un jeu de données anonymisé extrait de la production (ou du système source). Si ce n’est pas possible, construire manuellement des cas limites : champs vides, valeurs extrêmes, données dupliquées.

5. Il n’y a pas de pilote de recette

La recette est organisée, les testeurs sont désignés, les anomalies sont logées dans un tableur. Mais personne n’a la responsabilité de piloter l’avancement, de prioriser les corrections, de décider ce qui est bloquant et ce qui ne l’est pas.

Sans pilote clairement désigné, la recette dérive. Les anomalies s’accumulent sans être traitées. Les décisions ne sont pas prises. Et le go-live approche.

Comment organiser une recette Salesforce qui fonctionne

01
Définir les critères d’acceptation avant le développement
Bloquer, non bloquant, cosmétique, chaque catégorie a une définition écrite validée par le client et l’équipe projet.
02
Impliquer les utilisateurs finaux dès la conception des scénarios
Ce sont eux qui connaissent les cas limites réels. Leur participation à la phase de rédaction des scripts de test est aussi précieuse que leur présence en recette.
03
Préparer un jeu de données représentatif
Données manquantes, valeurs extrêmes, données dupliquées, les mêmes problèmes qui existent en production doivent exister en recette.
04
Désigner un pilote de recette avec pouvoirs de décision
Une personne qui peut prioriser les corrections, statuer sur le caractère bloquant d’une anomalie, et décider du go-live.
05
Protéger la durée de la recette
Si le développement prend du retard, le go-live se décale, pas la recette. C’est une règle non négociable.

Le signe que la recette va bien se passer

Les projets dont la recette se passe bien ont tous un point commun : les utilisateurs finaux ont été impliqués tôt. Pas seulement en recette, dès les ateliers de conception. Ils ont contribué à définir les scénarios, ils ont validé les maquettes, et quand la recette commence, ils savent ce qu’ils vont tester et pourquoi.

La recette n’est pas une étape en fin de projet. C’est l’aboutissement d’un processus de validation qui commence dès le premier atelier.

Pierre Frin
Consultant CRM · Adobe Campaign · Salesforce · Imagino · Grokium

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